Le jour se lève et mon petit garçon n’est pas encore rentré, j’ai veillé jusqu’à l’aube depuis ma couchette qui fait presque face à la porte. Cette porte, j’ai eu le temps de la scruter tout au long de la nuit…

Il rentre de plus en plus tard et cela ne me plaît pas, je m’inquiète et ce n’est pas suivre les règles que nous avons déterminé ensemble pour qu’il se sente libre et que je me sente sécurisé. A l’aube de ses quinze ans, je reste son tuteur pour plusieurs années encore, mais je perds mon autorité sur lui. C’est une bonne chose qu’il cherche sa voie et qu’il tente de nouvelles expériences, mais cela me heurte qu’il repousse les règles en permanence.

Depuis peu, il a commencé à chasser sous la surveillance de Gaïzka, ils savent tous les deux que je n’aime pas ça, néanmoins il voulait découvrir des choses sans moi, et il est sûr de ne jamais me voir chasser. Même si ce n’est pas explicitement dit, Yaël nous incite à la non violence et le fait de tuer des animaux me dégoûte, je sens bien par ma magie qu’ils peuvent souffrir eux aussi. Gaïzka fait bien ce qu’elle veut, mais j’aurais aimé transmettre cette compassion pour les animaux à mon garçon.

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Autre chose qui évolue dans nos vies, à son âge il ne veut plus que je le défende quand les gens l’embêtent, le fait que j’ai grogné sur la dernière personne que j’ai vu lui chercher des noises y est peut-être pour quelque chose, mais j’ai ressenti tellement de colère quand cette personne s’est moquée de lui… Je pense que si je n’étais pas sorti de mes gonds, c’est Gaïzka qui l’aurait frappé. Ils ont dû m’isoler pour que je ne fasse pas d’esclandre, mais j’aurais pu le mordre de rage. Heureusement que ce n’était qu’un voyageur de passage au village, sinon ça aurait fait parler.

Cela a probablement fait parler quand même… Je ne descends presque plus au village pour laisser cet incident se tasser.


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