Dure semaine. J’ai expliqué à Méallan que sa maman était partie parce qu’elle ne pouvait pas s’occuper de lui, mais il ne comprend pas, et moi non plus.
Je sais qu’elle ne reviendra pas le chercher, ni demain ni plus tard, j’en suis convaincu et je ne vois aucun intérêt à lui ramener un enfant qu’elle rejette.
En conséquence, j’accepte la situation telle qu’elle est. J’espérais être père un jour, mais je n’avais pas prévu que cela me tombe dessus de cette manière. Un enfant aussi gentil et joyeux, comment pourrais-je le rejeter ? Peut-être que lui ne me veut pas comme parent ?
J’ai tellement de questions et de doutes.Si elle m’avait expliqué comment faire avant de nous laisser, je
En fait, je ne l’aurais jamais laissée partir. J’aurais d’ailleurs dû prévoir ce qu’elle allait faire. Un empathe qui ne se rend pas compte d’une personne qui souffre et qui ne va pas tarder à se débarrasser de son « fardeau », ça ne passe pas inaperçu ! Je suis blessé et furieux !
Surtout furieux…
Quand il grandira et me posera des questions sur sa mère… Que devrai-je dire ? Comment comprendrait-il alors que l’adulte que je suis ne comprend pas ?
Du haut de ses quatre ans, il souffre, mais surtout parce qu’elle n’est pas là. Il est persuadé qu’elle va revenir, peut-être pas demain, mais qu’elle va forcément revenir puisqu’elle l’aime. Cela semble couler de source, mais je suis plus sceptique.
Pour l’instant, il a le cœur brisé, et à cause de ma magie, moi aussi. J’essaye de faire face, ses sentiments sont si intenses que c’est difficile pour moi de ne pas être touché. Nous avons beaucoup pleuré, blottis l’un contre l’autre, cela l’apaise d’être dans mes bras, mais il lui faudra du temps pour accepter cette nouvelle situation. La douleur est souvent le premier pas vers l’acceptation d’une situation, elle est nécessaire, mais je doute qu’il soit indispensable d’en ressentir autant. J’ai décidé d’utiliser mon pouvoir pour prendre un peu de sa peine et lui transmettre un peu de mon amour pour lui et sa mère; mon pouvoir peut parfois s’avérer utile quand il est maîtrisé.
Mes pensées sont confuses donc il vaut mieux que je n’en dise pas plus pour aujourd’hui.
Notes de M.A. :
J’ai lu ces pages de nombreuses fois. En grandissant, je suis devenu plus curieux du contenu de ces carnets, et les textes qui évoquent ma mère étaient pour moi des trésors. Au début, j’avais de la peine pour elle, puis du dédain et avec le temps, ces sentiments sont devenus de la colère, contre elle bien sûr, mais très vite contre Louka. J’avais besoin d’un défouloir et il n’y avait que lui.
Aujourd’hui quand je relis les quelques jours qui ont suivi le départ de ma mère, je vois surtout la présence bienveillante de Louka et son dévouement alors qu’il subissait la situation autant que moi.

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