Contrairement à mon habitude, je traînais au lit. Ce n’était pas particulièrement une volonté de ma part, mais j’étais si bien dans mes songes… C’est au moment où une petite fille décida de m’escalader telle une montagne, que je n’eus le choix que de sortir de ma rêverie. J’ouvris un œil et aperçut Nacht, une tasse à la main, assis en tailleur assez près de nous pour pouvoir récupérer l’enfant acrobate à tout moment. Il semblait bien s’amuser de la situation.
Bonjour, bel endormi. J’aurais pu te réveiller avec un baiser, mais ma jeune dame semble trouver sa méthode plus prometteuse.
Une fois hissée correctement, Tsuki s’assit sur mes côtes, et passa mon bras au-dessus d’elle, puis s’allongea sur moi. Les mouvements de ma cage thoracique alors que je respirais l’amusaient beaucoup, mais plus encore, ils la berçaient.
Je ne savais pas bien comment échanger avec lui après la nuit que nous avions passé ensemble, d’autant plus que nous n’étions pas seuls. Mais je pense que mon sourire trahissait le plaisir que j’avais à le regarder.
Bonjour, Nacht.
Je crois que ma fille a décidé de changer de papa… Je suis vexé.
Il me fit une moue faussement boudeuse.
J’aimerais tant un câlin pour me consoler…
Tsuki, je crois que ton papa veut un câlin.
Elle se redressa net et se jeta sur Nacht, qui éclata de rire.
Merci, petite puce.
Il posa un baiser sur son front.
Face à lui, je chancelai en me redressant pour m’asseoir au bord de mon lit. Il leva les yeux vers moi, puis ajouta :
Cependant, je pensais plutôt au câlin d’un jeune homme brun avec une adorable frimousse…
Visiblement, il ne comptait pas cacher à sa fille que nous nous étions rapprochés.
Je décidai d’imiter la petite et de me jeter sur ces deux-là, faisant tomber Nacht à la renverse, dans un éclat de rire échangé entre le père et la fille.
Tsuki et moi étions chacun entouré d’un bras du blondinet, celui-ci appréciait beaucoup sa place : il émanait un sentiment de plénitude qui me flatta. 
Ma tête au creux de son épaule, je fermai les yeux un instant, J’eus droit à mon baiser sur le front à mon tour.
Puis il me murmura : 
J’ai préparé ta tisane matinale pour me faire pardonner, car j’ai un sujet sensible à aborder au plus vite avec toi.
Me serrant plus fort contre lui, j’enfouis mon visage contre le tissu de son vêtement, en signe de protestation, puis j’émis un grognement qui l’amusa. Cette journée commençait bien et je redoutais que ce sujet sensible soit notre relation naissante.
Hier, Méallan a emprunté le premier de tes carnets afin de trouver plus d’informations sur sa maman, mais visiblement, il n’y avait presque rien à son sujet. Donc tout à l’heure, il m’a demandé si nous pouvions préparer des questions lui et moi, qui lui permettraient de retrouver sa trace.
Je me dégageai de son torse chaud pour respirer. Et remarquais que la petite était partie jouer dans son coin sans un bruit.
Et il ne peut pas me demander directement ?
D’après ses mots, le dialogue était rompu entre vous depuis plusieurs années mais il semble finalement trouver que j’ai une bonne influence sur toi.
Le ton de sa voix laissait poindre l’orgueil qu’il éprouvait à cette idée.
Cela ne me pose pas de problème, mais je n’ai plus de nouvelles d’elle depuis son départ, donc…
Garde tes réponses pour Méallan, nous verrons bien ce que nous pourrons en faire.
Nacht…
Je ne savais pas comment formuler ma remarque mais il devenait important de l’exprimer.
Mel n’a que seize ans, il est encore trop tôt pour qu’il parte du village.
Il est trop jeune ? Ou est-ce toi qui n’es pas prêt ?
Je me redressai avec raideur, en m’appuyant d’une main sur son torse et de l’autre sur le sol. Il se redressa à son tour, son regard trahissant un certain besoin de comprendre ; hors, je n’avais pour ainsi dire aucune réponse à lui donner.
Chacun semblait attendre que l’autre enchaîne la conversation. Je finis par me lever, pris la tasse qui m’était réservée et m’assis pour déjeuner, face à mon premier journal qui avait été abandonné sur la table, le visage fermé. Il prit la place en face de la mienne.
Cela me terrifie, avouai-je dans un murmure.
Mes mains se crispèrent autour de la tasse, mes yeux s’embrumèrent de larmes que je tentai de dissimuler en baissant la tête. J’aurais voulu m’expliquer, mais aucun mot ne sortait de ma bouche, et de toute façon, il n’y avait rien de rationnel à tout cela.
Sous les tremblements de mes doigts, je fis basculer ma tasse qui se répandit sur la table.
Nacht se leva d’un bond et me voyant figé, il recula ma chaise pour ne pas que le liquide me brûle les jambes. Je l’entendis pester contre quelque chose qui avait été abîmé, puis éponger l’eau alors que je restais pétrifié, à ne pas comprendre ce qui pouvait me faire si peur dans le départ de Mel.
Tsuki semblait se sentir concernée par mon état : elle vint se placer à côté de ma chaise, tira sur mon bras et réclama que je la prenne dans mes bras.
Je ne pouvais lui refuser cela. Ses grands yeux larmoyant me suppliaient, alors je mis mes mains sur ses côtes et la soulevai du sol.
Aussitôt, son père intervint, la prit contre lui alors qu’elle se mettait à pleurer, et je dévisageai l’homme qui venait de me voler mon réconfort, toujours incapable de parler.
Mauvaise idée, petite puce, c’est adorable de vouloir t’occuper de Louka mais laisse moi faire, ça vaut mieux, je ne vais pas pouvoir être partout !
Il savait y faire avec elle bien plus qu’il ne le croyait : elle se calma très vite. Il se mit sur les genoux à côté de moi, la fillette maintenue par un de ses bras. Il passa le second autour de ma taille et plaça sa tête contre mon torse.
Excuse-moi, je ne pensais pas que cette question te touchait à ce point, je ne t’embêterai plus avec ça, ça ne me regarde pas.
La panique qui l’avait gagné m’était palpable, pourtant il s’efforçait de respirer calmement pour m’apaiser.
Il monta sa main jusqu’à ma pommette abîmée pour sécher mes larmes.
Je ne comprend pas… Je veux qu’il soit heureux et visiblement, il a besoin de partir pour ça mais quand j’essaie de me concentrer sur cette idée, j’ai des hauts-le-cœur, j’aimerais même être du voyage mais je ne peux pas partir. J’ai l’impression que j’en mourrais.
Je repris mon souffle alors que je tentais de me calmer :
Si tu avais vu la violence de nos disputes sur ce sujet… Une fois, il m’a projeté contre le mur avec sa magie tellement il était…
Nacht s’était crispé en m’entendant. Je relevai les yeux pour le regarder mettre de la distance entre nous, mais je ne compris pas tout de suite ce que j’avais laissé échapper.
Sa magie ? Vous m’aviez dit qu’il n’avait aucun pouvoir ?
Je t’ai dit ça parce que je ne vous connaissais pas, j’avais peur que tu me prennes mon garçon, et après c’est devenu plus compliqué de te dire, “au fait, on t’a menti, mais maintenant tu es notre ami alors tout va bien”.
Télékinésie ?
Je fis non de la tête.
Magie des mots, comme sa mère, à l’oral du moins, il dit quelque chose et tu t’exécutes, à l’époque il m’avait dit “dégage”, il me semble. Je suis sincèrement désolé, je n’aime pas le mensonge mais sur l’instant, je n’avais pas d’autre choix.
Je culpabilisais beaucoup de ne pas lui avoir parlé de mon pouvoir non plus.
Tsuki sembla trouver que le câlin avait assez duré et s’enfuit vers ses jouets d’un pas décidé. Nacht en profita pour se relever. De ma voix encore maladroite, je lui dis :
Depuis que tu es là, tout semble plus…
Compliqué ? suggéra-t-il abruptement.
Intense !
Il sourit avec espièglerie.
Approche, que je te montre ce que je peux t’apporter de plus intense.
Une main sur ma joue, il agrippa le dossier de la chaise et posa ses lèvres entrouvertes contre les miennes. En effet, c’était intense. Et très réconfortant.

***

Mel rentra alors que nous avions déjeuné. Le blondinet et moi étions debout dans la cuisine, lui essuyant et rangeant la vaisselle et moi près de l’évier, à laver les assiettes du repas écoulé. Nous échangions des sourires complices.
J’ai loupé un truc ? Vous êtes…
Il colla ses deux index ensemble pour sous-entendre un rapprochement, qu’il accompagna d’un sourire malicieux.
Tu aurais pu me l’dire, lança-t-il a Nacht.
J’y ai pensé lors de notre conversation de ce matin, mais j’ai préféré éviter le sujet, ne sachant pas trop comment Louka assumerait au petit matin. Mais il ne semble pas regretter.
Nacht déposa un baiser dans ma nuque pour prouver mon approbation.
Nous avons décidé de profiter l’un de l’autre durant le temps que nos invités passeront ici.
Mon neveu s’approcha. Prétextant se servir de l’eau, il me glissa :
Ça me fait plaisir de te voir comme ça.
Je m’empourprai en guise de réponse. Son regard glissa juste à côté de l’évier.
Ha, il s’est passé quoi avec ton carnet ?
Le juron prononcé par Nacht alors qu’il essuyait la table avait été pour lui :
Une maladresse, j’ai fait tomber ma tasse dessus.
Il s’en saisit.
Mince, il est complètement gondolé. Au moins il est encore lisible, c’est surtout le côté et la couverture qui ont bu.
Il regarda Nacht du coin de l’œil comme s’il attendait un signe de sa part, et mon amant ne s’encombra pas de fioritures :
Louka est d’accord pour répondre à nos questions.

Dès que la vaisselle fut propre, nous nous mîmes tous les quatre dans le salon, Nacht et Tsuki, assis sur les matelas, Mel et moi, sur les fauteuils. Ils commencèrent l’interrogatoire :
Il y a peut-être des questions qui te paraîtront évidentes pour Méallan, mais afin de l’aider au mieux dans ses recherches, il me semble important de connaître un maximum d’informations.
De toute façon, j’sais même plus différencier ce qui est un souvenir, de ce que tu m’as raconté et de ce que j’ai créé pour la garder en mémoire, alors c’est pas mal de reprendre de la base… dit Méallan dans un soupir.
Je me mordis la lèvre. Il était évident que Mel avait le droit à toutes les réponses mais même si je n’avais jamais compris qu’elle l’ait laissé chez moi, Oxanne avait toujours été quelqu’un de très droit, je craignais de mal retranscrire qui elle était.
Ox est… par quoi commencer ? Quel est votre but exactement ?
Je veux savoir où elle est, je veux la retrouver et… dans l’hypothèse où ce ne soit pas possible, je veux savoir qui elle est… ou était.
La dernière fois que je suis allé chez elle, lors de ta naissance, elle habitait un tout petit village, dans un coin quasi désertique, il y avait quatre ou cinq maisons. En fait, j’ai le souvenir de plusieurs groupements de quatre ou cinq maisons, éloignés de quelques kilomètres chacun. Donc clairement un endroit isolé.
Saurais-tu le placer sur une carte ?
Non… Enfin, très vaguement.
Nacht sortit un tissu beige qui était roulé tel un parchemin et le déroula entre nous. Le tissu était légèrement scintillant. Du bout de ses doigts, mais sans jamais toucher le tissu, il entama des dessins.
Nous sommes ici, entre la congrégation du Faisan et celle du lièvre. Là, il y a la congrégation de Sanglier. Il releva la tête vers Mel et compléta, c’est ici que se trouve la bibliothèque d’archive dont je te parlais, pour trouver des informations sur ton géniteur. C’est à plusieurs semaines de route avec une monture adaptée. Alors, Louka, tu peux nous orienter ?
C’est plus loin, par ici.
De la main, je montrai une zone qui me semblait à peu près à bonne distance, mais celle-ci était en dehors de sa carte. Nacht effleura la feuille, en rapprochant son index et son pouce l’un de l’autre et la carte se réduisit, puis il m’invita d’un geste à dessiner sur le tissu. 
Je représentais une large zone en indiquant les endroits les plus probables et ceux qui me semblaient le moins. 
Huuum, c’est au delà de la couleuvre et du faucon. Tu ne te souviens pas du nom du lieu, par hasard ?
Je commençais à m’emmêler les pinceaux entre tous ces noms d’animaux.
Non, mais je pense l’avoir mis dans mon premier carnet.
Je me levai pour aller chercher le journal qui séchait sur le bord de l’évier, puis repris ma place, entamant mes recherches.
Je m’agaçai de ne pas le trouver mais les pages gondolées se séparaient mal. Aussi Mel se moqua de moi et me le prit des mains pour chercher.
Nous avons quelques pistes. En les croisant avec les archives, peut-être que nous pourrons affiner notre recherche.
Je surpris un échange de regards : Mel ne pouvait contenir son sourire fripon, mais Nacht était plus discret quant à son enthousiasme, tout du moins pour une personne qui n’aurait pas été sensible aux sentiments des autres ; pour moi, il rayonnait d’empressement.
Il revint à moi et reprit ses questions :
De quoi vivait-elle, dans un endroit si reculé ? 
C’est une bonne question… Avant de s’isoler dans ce village, elle a longtemps été… greffière ? Quelque chose comme ça. Elle gérait des conflits et rendait des verdict, Ox est du genre à avoir un grand recul sur les situations, elle analyse et anticipe pour arriver à la meilleure issue possible. Elle enregistrait aussi les primes pour les chasseurs de tête.
Mel me regardait avec des yeux ronds, et je poursuivis mon explication :
Depuis très jeune, elle préférait aider les gens dans leurs conflits plutôt que d’avoir la tête dans les bouquins, cela dit, elle en a lu énormément pour comprendre les enjeux politiques et sociaux.
Tu m’avais jamais dit ça ! Je savais juste qu’elle “aidait des gens qui avaient des problèmes”, s’exclama mon garçon.
Oui, c’est ce que j’avais trouvé de plus simple pour te l’expliquer quand tu m’avais posé des questions, tu étais encore très petit.
Il reprit son feuilletage. Les sourcils froncés, il s’acharna sur la couverture du journal qui ne semblait pas être comme elle aurait dû et finit par l’arracher partiellement.
Mel ! Fais attention !
Il ne m’écoutait pas et regarda le petit bout de papier qu’il venait d’extirper de la couverture, semblant réfléchir très rapidement. Je tendis la main pour reprendre le carnet, mais il refusa et glissa le morceau dans sa poche.
Nacht réfléchissait vivement, aussi il ne prêta pas attention à notre échange et enchaîna par une autre question sans me laisser le temps de réagir, et Mel repartit dans sa recherche du nom du village.

Je n’y représente que maintenant alors que je l’écris, je dois impérativement lui demander ce qu’il a fait de ce bout de papier si passionnant !

La question Nacht était la suivante :
Elle pratique uniquement la magie des mots ? Ou a-t-elle d’autres pouvoirs ?
Juste celui-ci, à l’écrit, mais elle a un très bon niveau. Crois-moi. Il vaut mieux en faire son amie que son ennemie.
C’est un pouvoir plutôt sournois, me semble-t-il, mais cela ne permet pas de se défendre en cas d’attaque physique. Cela n’a pas dû être simple pour elle de faire le voyage jusqu’ici, d’autant plus avec un enfant.
Ah ah, tu ne la connais pas ! Elle maîtrise à merveille l’épée à deux mains. Ma sœur, c’est une battante, rien ne peut l’atteindre !
Sauf quand elle se sent dépassée par un gamin de quatre ans…
Mel avait dit ces mots d’un ton las et c’est Nacht qui le réconforta : 
Tu sais, nous n’avons pas encore tous les éléments pour comprendre. C’est peut être une personne monstrueuse, je ne te dirais pas le contraire, mais cela peut aussi être tout l’inverse, c’est peut être pour te protéger qu’elle t’a déposé ici.
J’ai trouvé ! Le village s’appelle Liora, d’ailleurs après tu as écris : “Je regarde souvent cette image devant la maison d’Oxanne quand je me sens seul, cela me donne toujours autant le sourire.” Ça veut dire qu’il existe un dessin de cet endroit quelque part ?
Oui, qu’est-ce que j’en ai fait… Nacht, peux-tu attraper le livre derrière toi, le tout petit, celui dans la langue de yaelle avec la couture violet foncé. C’est un recueil de poèmes que ma mère m’a offert, il y a longtemps. J’utilisais l’image comme marque page. Ce livre me servait de réconfort quand je me sentais loin des miens.
Mel attrapa le livre avec avidité, trouva rapidement la page marquée depuis maintenant des années, et se saisit de l’image.
Mon neveu tenait un petit carré de papier brillant entre ses mains légèrement tremblantes. Il nous le tendit. Nacht prit l’objet avec stupéfaction.
Mais ce n’est pas un dessin, c’est une photographie ! Louka, ta sœur m’intrigue de plus en plus.
Je pensais pas que ça existait vraiment ! s’exclama Méallan.
Je ne m’en souvenais plus du tout. Elle traîne là depuis tellement longtemps et comme tu ne lis pas notre langue, tu ne risquais pas de tomber dessus.
Tu te rends compte de la rareté de cet objet ? Je n’en ai vu que deux fois dans ma vie et c’était dans un musée, dans des réserves interdites au public. Je ne pensais pas en toucher un jour.
L’objet semblait presque lui faire peur, il me le tendit. On voyait une sorte de maison biscornue faite de terre et de chaux avec des fenêtres rondes. Devant, il y avait deux silhouettes, Oxanne avec son ventre à peine rond et moi, ainsi qu’un miroir, entre nous, qui reflétait le photographe… Cela semble beaucoup nous faire rire, mais on ne distinguait pas suffisamment la troisième personne pour que je me souvienne de qui il s’agit, pas même son genre.
C’était un beau moment, nous avons tellement ri en installant tout ça… Nous voulions vraiment être tous réunis.
Qui est la personne qui prend la photo ? demanda précipitamment Mel. C’est mon père ?
L’information me filait entre les doigts. Plus je me concentrais pour trouver, plus mon esprit s’embrumait.
Ce n’est pas ton père, j’en suis sûr, enfin autant qu’il m’est possible, mais c’est cette personne qui a aidé ta mère à te mettre au monde.
J’ai perdu connaissance à ce moment-là.
Quand je rouvris les yeux, j’étais couché sur le matelas du salon, sur le flanc. Il ne restait que Nacht, à demi allongé à côté de moi. Les éléments sont flou, mais il me parlait d’une voix calme et posée, ses mots étaient rassurants. Je me sentais fébrile, mais assez gêné d’avoir tourné de l’œil sans raison ; aussi, je commençai à me redresser sans comprendre ce que le blondinet me disait. Il posa l’une de ses mains sur mon épaule et calmement m’accompagna jusqu’à me recoucher en face de lui. Je n’arrivais pas à poser mon regard, cela prenait toute mon énergie.
Tranquillement, je repris mes esprits. Aussi romantique que cette scène puisse paraître alors que je l’écris, il avait géré cette situation comme il l’aurait fait pour n’importe qui, comme s’il avait été habitué à cela.
Peu à peu, il ne sentit plus le besoin de me garder en visuel, son attitude devint moins formelle, et il me prit contre lui.

J’ai su plus tard qu’il avait demandé à Mel d’aller faire un tour avec Tsuki, pour me laisser au calme. Ceux-ci n’avaient pas osé rentrer trop vite, donc ils avaient été chez Gaizka. Ils furent ravis de nous raconter leur balade et le bon goûter qu’ils avaient pris là-bas avec mon amie et Stime, qui semblait loger chez elle le temps de son séjour.
Sans plus de discussion, Nacht décida que nous ne sortirions pas ce soir-là.
Afin de me reposer, je ne fus pas autorisé à cuisiner, c’est Mel qui s’en occupa ; en complément, il prit le temps de confectionner une gourmandise avec l’aide de Tsuki. Un gâteau au fromage frais, recouvert de coulis de framboise que nous avions pas mangé depuis des années.

À la place de la soirée au village, nous partageâmes une soirée lecture, d’abord à quatre puis trois quand Méallan partit rejoindre ses amis.
Les livres de contes anciens dans diverses langues ne manquent pas chez moi. Allongé sur le ventre, je fis la lecture, entre Tsuki et Nacht. Ceux-ci semblaient ravis de m’écouter malgré des traductions parfois hasardeuses, des subtilités propres à chaque langue. Tsuki ne tarda pas à s’endormir.
Après cela, et comme à mon habitude, nous nous installâmes tous les deux dehors par cette douce nuit. adossés à la maison, la colline face à nous, avec vue sur le village à nos pieds. J’invitai mon amant à d’autres lectures, un conte revisité que j’appréciais beaucoup, entre autres pour ses passages plus matures. J’entamai l’histoire, et Nacht écouta sagement à côté de moi.

Notes de N.X :

Une lecture bien intéressante ce soir-là… Et une nouvelle tendre soirée en tête à tête. Chapitre 2 : Cheesecake dans le temps suspendu.


Commentaires

Laisser un commentaire